Anneau vaginal, patch contraceptif, implant, quel risque thrombo-embolique ?

Si l‘on connaît bien le risque thrombo-embolique lié à la prise de la contraception hormonale par voie orale, on en sait un peu moins sur le risque associé aux autres types de contraception hormonale. Anneau vaginal, patch contraceptif œstro-progestatif, implant sous-cutané ou dispositif intra-utérin à la progestérone ont été moins étudiés jusqu’à présent.

Une étude danoise, publiée récemment par le British Medical Journal, apporte des informations intéressantes sur cette question. Il s’agit d’une étude de cohorte, menée de 2001 à 2010 et basée sur les données des registres nationaux. Au total 1 626 158 femmes sont concernées.

Les données attestent de la survenue de 3 434 accidents thrombo-emboliques veineux pendant le suivi, avec une incidence de 2,1 pour 10 000 années -patientes pour les non utilisatrices de contraception hormonale. Par rapport à ces dernières, le risque thrombotique est multiplié par 7,9 pour les patientes ayant opté pour le patch œstro-progestatif transdermique, après ajustement pour l’âge, le niveau d’étude et l’année. Pour ce groupe de femmes, l’incidence est de 9,7 accidents thrombo-emboliques pour 10 000 années-patientes. Pour les utilisatrices de l’anneau contraceptif, le risque est multiplié par 6,5, avec une incidence de 7,8 accidents pour 10 000 patientes-années.

En ce qui concerne l’implant contraceptif sous-cutané, le risque paraît aussi augmenté, mais de manière non statistiquement significative (Risque relatif [RR] 1,4 ; Intervalle de confiance à 95 % [IC95] : 0,6 à 3,4). Quant à celles qui ont choisi l’option du dispositif intra-utérin à la progestérone, elles ne présentent pas d’accroissement du risque (RR 0,6 ; IC95 : 0,4 à 0,8).

La comparaison la plus intéressante est celle que les auteurs font avec les patientes utilisant un contraceptif oral de deuxième génération contenant du lévonorgestrel. Le risque relatif ajusté est alors de 2,1 (IC95 : 1,0 à 5,2) pour les adeptes du patch contraceptif et de 1,9 (IC95 : 1,3 à 2,7) pour celles utilisant l’anneau vaginal. Notons que, contrairement à ce qui est observé avec la contraception orale, le risque de thrombose associé à l’anneau contraceptif ou au patch transdermique ne semble pas diminuer avec le temps.

D’un point de vue pratique les auteurs estiment que, pour éviter un accident thrombo-embolique par an, il serait nécessaire que 2 000 utilisatrices de l’anneau vaginal ou 1 250 utilisatrices du patch transdermique l’abandonnent pour une pilule 2ème génération.

Dr Roseline Péluchon

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